L’art d’accuser l’autre de ses propres peurs et souffrances.
C’est un fait avéré de devoir se protéger contre la divulgation de ses propres faiblesses psychologiques.
En effet, il est rare que l’on veuille dans l’immédiat admettre que nous avons un problème en nous.
Le fait de faire une projection de manière inconsciente, c’est détecter sur l’autre ce que nous avons en nous .
Si l’on veut être serein avec soi-même, il faut en effet comprendre avant de pouvoir exploser de colère sur l’autre, pourquoi cela nous touche ou nous blesse.
En creusant dans ses pensées, en inversant la situation vers soi et en se posant la question suivante : « Dans quelle situation cette personne pourrait m’accuser de la même chose ? »
Vous vous apercevez qu’en répondant à cette question que l’on peut faire défiler beaucoup de situations similaires que l’on a vécu en tant qu’acteur principal.
En se remémorant la situation, on ressent indirectement ce que l’autre a ressenti avant cet acte qui vous a autant énervé ou mis mal à l’aise.
A ce moment-là, une seule chose vous vient à l’esprit :
L’acceptation d’une erreur ou d’un comportement que vous avez vous-même généré à cause d’une souffrance ou d’une blessure interne.
Quand on comprend ce qui se passe…
C’est la révélation et l’ouverture au dialogue, au pardon et à la compréhension du geste ou de la réaction de l’autre.
Petite histoire n°1
Un couple fusionnel et très complice a été confronté à plusieurs reprises à la projection psychologique.
Un jour d’automne, la femme tombe sur un panneau publicitaire » Initiation gratuite au Golf !, valable pour 2 personnes ! »
Elle et son compagnon ne savent pas du tout faire du golf, elle se dit alors : « Chouette ! on va bien s’amuser et rigoler sur une nouvelle expérience que l’on ne fait pas tous les jours! ».
Elle prend la décision de sauter sur l’occasion et de les inscrire à une séance. Toute joyeuse, elle appelle son compagnon pour lui annoncer la nouvelle.
Malheur ! Son compagnon se met en colère : « Non ! je n’irai pas! de quel droit prends-tu la décision à ma place de me forcer à faire quelque chose que je n’aime pas en plus !, Ce n’est pas toi qui décide ! »
Stupéfaite, bloquée, subjuguée, elle ne comprend pas cette réaction impulsive et ressent une tristesse profonde. Elle ne s’attendait pas du tout à cet effet-là.
*** A vouloir faire plaisir, elle est accusée d’avoir pris une décision sans autorisation. Cet évènement, a créé une fissure dans la relation du couple par l’activation de 2 blessures : celle du rejet pour la femme et de la trahison pour l’homme.
Petite histoire n°2
Un autre jour, Monsieur, décide d’organiser une petite soirée où sa femme sera là. Donc il parcourt son répertoire téléphonique et commence à échanger plusieurs textos sur toute la journée.
Sa femme s’en aperçoit mais sans aucune inquiétude ni réflexion elle vaque à ses occupations.
Une heure avant l’évènement, il annonce à sa femme que des amis viennent pour une soirée de jeux de société. Sa femme lui dit :
« Mais tu aurais pu m’en parler ! C’était donc ça tous ces textos aujourd’hui ? Pourquoi ne m’as-tu pas mis dans l’organisation ? Pourquoi m’imposes-tu cela ? je ne me suis pas préparée ! »
Il lui répond : » De toute façon, tu n’es jamais contente ! tu veux tout contrôler ! »
Il prend donc la décision sous la colère d’annuler la soirée.
*** A vouloir faire plaisir, il est accusé d’avoir mis de côté sa femme au profit de ses besoins sans avoir pensé aux besoins de sa femme. Une nouvelle fissure dans la relation est créée. La blessure du rejet chez l’homme et la blessure de l’abandon chez la femme ont été activé.
L’analyse
En analysant les deux événements, chaque partenaire a voulu contribuer au bonheur de l’autre par une surprise.
Ces surprises ont été remplacées par un sentiment de manipulation et de trahison générant une dispute donc du rejet à cause de la manifestation de leur ego respectif.
Les partenaires pourtant très complices ont été submergé par leurs émotions liées à leur blessures intérieures (d’enfance ou des relations du passées).
Pendant ces échanges, ils ont porté leur masque d’auto-défense.
Première situation,
Lui a cru que la séance de golf lui avait été imposée et qu’il avait été manipulé à faire quelque chose qu’il n’aime pas. (elle ne savait pas qu’il n’aimait pas le golf). Elle a été blessée et s’est senti rejetée et incomprise et déçue de ne pas avoir pu faire plaisir et de se faire engueuler.
S’ils avaient connus leurs blessures :
Lui : de trahison , il n’aurait pas assimilé cela à de la manipulation, mais aurait pris le temps d’expliquer que ce n’est pas un sport qu’il aime et de proposer une autre activité à la place.
Elle: du rejet , elle a voulu faire plaisir , partager un moment de rigolade « selon elle », faire passer son besoin de rigolade avant le besoin de son partenaire . Et le NON à générer en elle une forme de mépris et de se sentir inutile au bonheur de l’autre. Ce qui a transformé le non en une grande souffrance. Si elle connaissait sa blessure elle n’aurait pas pris ce NON contre sa personne mais contre l’activité « golf ».
Deuxième situation,
Lui : du rejet, il a voulu mettre en place une soirée seul dans son coin avec ses amis de son répertoire mais avait peut-être peur du refus de sa partenaire, il a donc mis en place un échange de texto excluant sa partenaire et lui en a informé peu de temps avant l’événement de peur d’être rejeté. Surprise !
Souvenez-vous que dans la première situation il a explosé de colère suite à une surprise … il s’est senti manipulé parce qu’il connaît cette situation qu’il utilise lui-même ici. Voici le déclenchement de la projection psychologique.
Elle : de l’abandon, elle s’est sentie délaissée par son partenaire de lui faire des cachoteries pour une soirée. Par peur d’être abandonnée et perdre la complicité avec son compagnon, elle s’est braquée et s’est mise en colère . En imposant son besoin avant celui de sa partenaire, le compagnon a éveillé la blessure de celle-ci.
Si elle connaissait sa blessure elle se serait préparée rapidement dans la joie de passer une belle soirée.
Souvenez-vous dans la première situation, elle a voulu également faire passer son besoin avant celui de son compagnon « délirer au golf », voici le déclenchement de la projection.
On retrouve ici l’expression, « le serpent qui se mord la queue ».
De multiples situations de ce genre mettent en péril un couple à cause de blessures nous empêchant d’être nous-mêmes.
Comprendre ses blessures, dans de nombreux cas et afin de limiter la projection psychologique, devient très important pour votre bien-être en couple, au travail et dans la vie.
Prenez donc le temps de découvrir vos blessures :
Les blessures qui nous transforment
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